Les Vikings

Définition

La cause principale des raids Vikings.

Références

La Grande Déesse Mère

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Définition

Fara i vikingu !

(trad : « partir faire le Vikingr »)

Les Vikings représentaient un petit nombre de Scandinaves qui décidaient de partir en expéditions commerciales ou d'exploration à la belle saison.

Déjà à l'époque romaine ils s'installaient sur les côtes Européennes dans des Vicus (comptoirs commerciaux) pour commercer.

Ils vendaient surtout des marchandises de luxe comme l'ambre, l'ivoire de morse, les peaux et fourrures, le vadmal (tissus précieux)…

Ces excellents marins étaient attendus et appréciés par les peuples voisins avec qui ils vivaient en très bons termes à l'époque païenne.

Le mot « viking » est féminin il désigne l'expédition.

Le mot « vikingr » est masculin et désigne la personne.

Le mot « vikingar » est le pluriel.

Ce mot pourrait provenir du Viken, la baie d'Oslo, les Vikings étant ceux qui vivaient dans cette baie où le bateau était très présent. Il pourrait provenir de « Vicus » Comptoirs commerciaux à l'époque romaine.

 

 

La cause principale des raids Vikings.

 

Nombreuses références attestant cette cause en bas de page.

Comment ces explorateurs et paisibles commerçants sont-ils devenus ces redoutables guerriers ?

Un peu d'histoire et d'archéologie:

Certains ont avancé quelques raisons démenties depuis par les historiens et archéologues, comme le réchauffement qui a induit une surpopulation et un manque de terres où s'établir. L'archéologie à maintes fois démontré qu'il n'en était rien et que de nombreuses terres fertiles sont demeurées vierges toute la période viking. D'autre part la population Scandinave n'atteignait même pas le million d'habitants, nous étions très loin d'une surpopulation. D'autres encore parlent de politique, mais la politique des envahisseurs chrétiens a toujours été de christianiser. L'Europe devenue chrétienne devrait suffire pour s'en convaincre.

La cause principale des raids vikings est sans coup férir, la réaction à la christianisation forcée. Tous les faits et les témoignages l'attestent, et il est temps de rétablir cette vérité trop longtemps occultée.

Depuis que le christianisme existe, les chrétiens n'ont eu de cesse de convertir tous les païens à leurs doctrines. Les textes bibliques imposent en effet le prosélytisme aux chrétiens sous peine d'être anéantis par la colère divine. Concernant la période "Viking", l'Eglise ne parvenant pas par la parole, ni par le chantage, corruption et le vandalisme, les chrétiens commirent des crimes terribles pour convertir à la foi chrétienne durant toute la période viking. C'est ainsi que les Vikings se révoltèrent et se vengèrent en devenant de dangereux guerriers.

Brève chronologie de la christianisation :

Clovis accepte, non sans difficultés, de devenir chrétien et d'imposer à son tour cette religion à son peuple Franc.

En 678 Saint Willibrord et Wilfrid d'York ont pour mission d'évangéliser Heligoland et le Danemark.

En 716 Boniface de Mayence poursuit l'évangélisation sans succès.

Willibrord évêque d'Utrecht, récidive vers 725 mais il échoua à convertir les Danois.

Les missionnaires pour répandre leur foi en Scandinavie, détruisent des stèles païennes.

Il est utile de bien avoir à l'esprit que le but de l'Eglise est de christianiser par tous les moyens :

Conversion par la parole : Les évangélisateurs parcourent la Scandinavie pour répandre leur foi avec pugnacité mais sans résultats.

Conversion par le chantage : Les Vikings ne peuvent plus commercer en terres chrétiennes s'ils n'acceptent pas de se faire baptiser (prima signatio).

Conversion par le vandalisme : Devant le peu d'intérêt que les religieux rencontrent lors de leurs évangélisations, les hommes d'églises insultent les Divinités païennes, les diabolisent et vandalisent les stèles représentant les croyances Vikings. Ils se font chasser, parfois certains extrémistes religieux sont tués.

Conversion par la corruption et la violence: Ne parvenant pas à ses fins ni par la parole, ni par la menace, ni par les actes de vandalismes, l'Eglise eut recourt à la corruption de certains princes et à d'extrèmes violences.

Conversion par l'épée: Charles Martel poursuivit la christianisation de l'Europe mais fut arrêté dans sa conquête chrétienne par les Danois. En 737, le Roi Scandinave du Danemark érigea la première muraille du Danevirke contre les incursions de Charles Martel.

« le baptême ou le massacre » « Répandre sa foi par le fer et le sang » (Charlemagne)

Ne parvenant pas à ses fins l'agression chrétienne arrive à son paroxysme avec Charlemagne qui extermine quiconque refuse le baptême. Il se disait lui-même "investit par Dieu pour christianiser les Païens."

Les Païens du Nord croyaient en une Grande Déesse Mère, à leurs Ancêtres les Dieux, aux Eléments, et aux Forces. Ils avaient un arbre sacré, « Irminsul », symbolisant leurs croyances.

Lors de la campagne de 772, Charlemagne fait abattre Irminsul, ce merveilleux symbole afin de “chasser le diable de Saxe. ” Profondément religieux, Charlemagne était convaincu que le dieu de la bible avait confié au peuple franc et à son souverain la tâche de répandre et de défendre la foi chrétienne par tous les moyens. Il consacra sa vie à combattre tous les païens d'Europe. Par le fer et le sang et des crimes horribles, il réussit à établir un empire chrétien sur la majeure partie de l'Europe occidentale. Particulièrement, le peuple qui occupait le nord de la Germanie à la frontière du Danemark, fut victime d'épouvantables massacres.

Le roi franc employa la force et la terreur « le baptême et la conversion ou la mort ». Le crime le plus marquant pour tout le monde païen fut sans doute le massacre de Verden en 782, les Francs décapitèrent 4500 personnes, déportèrent 12000 femmes et enfants parce qu'ils refusaient le baptême.

Le chef des Saxons Widukind résista très longtemps et se réfugia à plusieurs reprises chez ses voisins et parents Vikings Danois et se mit sous la protection de Siegfried Ier de Danemark « roi des Danois » puis il bénéficia de la protection du roi viking Godfred, son parent le successeur de Sigfred. Les Saxons et les Danois étaient très proches, ils avaient les mêmes croyances, la même culture, ils firent cause commune pour résister à l'empire chrétien. Widukind devint le parent de Godfred en épousant la princesse viking Geva de Vestfold, fille d'Oystein (Eystein) Ier de Vestfold (Westfold, Norvège).

La destruction du célèbre sanctuaire païen d'Irminsul, les crimes abominables des chrétiens, et les tentatives militaires répétées contre le Danevirke n'eurent pour effet que d'inciter les Vikings à se venger.

L'émoi et le traumatisme des massacres de Charlemagne se firent ressentir dans toute la Scandinavie. Le faible nombre d'habitants à cette époque contribua à renforcer les liens entre païens. Ils se sentaient tous concernés par la menace chrétienne. Ce fut l'une des raisons qui provoqua les raids vikings qui souhaitaient se venger de la christianisation forcée.(Alain Decaux, André Castelot, François Neveux, Rudolf Simek...)

Les crimes chrétiens marquèrent profondément les Païens et notamment les Vikings pour qui l'honneur et la renommée sont des valeurs essentielles.

C'est pour cette raison que tous les premiers raids vikings visaient les édifices chrétiens et pas seulement pour leurs richesses, tous n'en détenaient pas.

La chrétienté était pour eux la cause de leurs malheurs.

En réaction les Vikings veulent marquer les esprits à leur tour en s'attaquant à Lindisfarne, le 8 Juin 793. Ce prestigieux sanctuaire constituait le symbole de réussite de la christianisation en Angleterre.

Les Vikings renversèrent la croix de pierre, piétinèrent les saintes reliques, insultèrent, outragèrent et tuèrent les moines, muent d'une véritable haine de la religion chrétienne.

Tous les témoignages des clercs chrétiens précisaient que les Vikings non contents de voler les biens de l'Église, profanaient et s'acharnaient sur les symboles chrétiens et ses serviteurs.

Les historiens voient dans ces sacrilèges des représailles à la christianisation forcée et les menaces contre le paganisme. Ils soulignent que la conquête de la Saxe par Charlemagne et ses attaques contre les Danois coïncide exactement avec les premiers raids vikings.

Les Vikings ne se contentèrent pas de piller le tombeau de Charlemagne à Aix la Chapelle , Là encore ils profanèrent la sépulture et la dépouille du grand Empereur de la chrétienté.

Cela explique bien qu'ils n'étaient pas que de simples pillards mais qu'ils agissaient pour la plupart d'entre eux en représailles aux exactions chrétiennes et contre cette religion qui voulait imposer son dieu unique en détruisant la culture païenne.

La résistance à la christianisation forcée ne fut pas anodine et explique le phénomène viking, bon nombre d'entre eux se rebellaient contre la puissante Église.

Pour illustrer son propos, l'historien François-Xavier Dillmann cite Montesquieu dans ''De l'esprit des lois'' :

" Les Vikings attribuoient aux ecclésiastiques la destruction de leurs idoles, et toutes les violences de Charlemagne, qui les avoient obligés les uns après les autres à se réfugier dans le nord. C'étoient des haines que quarante ou cinquante années n'avoient pu leur faire oublier."

"Les chroniqueurs ont dépeint de la manière la plus noire, ces bandes de Vikings qui mettaient à sacs les édifices chrétiens, en leur prêtant là, des intentions religieuses. Quels motifs auraient pu empêcher ces bandes de maraudeurs nordiques d'attaquer des sanctuaires chrétiens, alors que les missionnaires chrétiens détruisaient les temples païens et qu'ils le feraient encore longtemps jusqu'à la christianisation totale des païens."

Durant cette période, les Vikings ne pouvaient plus commercer avec le reste de l'Europe devenue chrétienne, ils étaient cantonnés au Nord. Fort heureusement la route de l'Est perdurait et l'un des plus importants carrefour commerciaux devint Haitabu, non loin du Danevirke à la frontière Danoise vers 815. Tous les Vikings convergeaient vers ces centres commerciaux et leurs activités se trouvaient de plus en plus menacées par les attaques chrétiennes. Cette menace économique se rajoutait aux crimes de conversions forcées, ce qui a amplifié la détermination de poursuivre les raids Vikings contre les chrétiens.

Les Arabes bloquaient depuis plusieurs décennies le commerce en méditerranée, les routes commerciales viking et varègue permettaient de contourner le blocus arabe. En convertissant les Païens du Nord, l'Eglise bénéficiait ainsi de cet essor économique à moindre frais.

Après la mort de Charlemagne, l'échec guerrier des chrétiens contre les Vikings impose un changement de stratégie à l'Eglise. Le commerce reprend peu à peu entre païens et chrétiens mais l'Eglise impose la « prima signatio » (baptême simplifié) aux Vikings s'ils veulent continuer de commercer dans le monde chrétien. Peuple de commerçants avant tout, les Vikings acceptent d'autant qu'ils ne voient pas d'objection à compter parmi leurs dieux un de plus, qui demeure très insignifiant à leurs yeux. Lors de la cérémonie, ils reçoivent une « aube » blanche. La plupart se font baptiser plusieurs fois afin d'obtenir plusieurs tenues que leurs épouses transformaient.

Vers 822-825 la Scandinavie fut déclarée terre de mission. Les premiers vrais baptêmes furent prodigués dès 823 par Ebbon, archevêque de Reims envoyé par Louis le Pieux.

Puis en 826 par Ansgar moine de Corbie.

Vers 832-851 l'Abbe Wala poursuivit la Christianisation.

Le changement décisif se produisit lorsque l'Eglise parvint à corrompre de grands chefs Scandinaves souhaitant plus de pouvoir. Ces chefs opportunistes acceptèrent de se convertirent, trahirent la foi de leurs Ancêtres et leurs peuples, devinrent chrétiens et détronnèrent les rois païens grâce à l'appui des troupes chrétiennes.

Vers 876 le moine Anschaire et Harald à la dent bleue, évangélisèrent leurs sujets mais sans grands succès».

En 911 en Francie, le Jarl Rollon accepta d'être baptisé en échange de recevoir un territoire qui allait devenir le duché de Normandie.

La christianisation engendra des résistances suivies de bannissements et de brutalités, car cette nouvelle foi était coercitive, imposant un dieu unique.

Les Vikings avaient l'obligation d'abandonner leurs anciennes croyances. « L'Église n'autorise pas d'autres dieux, qu'elle considère comme des démons et des forces du Mal. Freyja, la Grande Déesse Mère des Vikings, symbole de la fécondité, fut pour l'Église un objet de ridicule et de mépris »

La christianisation s'étend sur toute la période Viking sans interruption et avec beaucoup d'acharnement.

« Le baptême ou la mort » de Charlemagne jusqu'à « En avant, en avant, hommes du Christ, hommes de la croix, hommes du Roi! ». (Fram, fram, Kristsmenn, krossmen, konungsmenn!) ou le cri de bataille des convertisseurs « Christ, Croix et Roi » d'Olaf Tryggvason,…la christianisation s'étend sur toute la période Viking sans interruption. L'Ere viking s'achève quand les Scandinaves deviennent tous chrétiens. Le but de l'Eglise est atteint.

Cette détermination d'évangélisation annonçait les futures croisades:

Déclaration du grand assaSaint Olaf : «Nous allons marquer notre emblème sur nos casques et boucliers. Dessiner à la peinture blanche la Croix Sacrée ».

Mais malgré toute la rage et les crimes monothéistes il y a encore des Libres penseurs et des Païens au 21ème siècle !

 

Bibliographie:

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- Alain Decaux et André Castelot - opt. cit, p. 715

- « B.A-BA des traditions nordiques » Arnaud D'Apremont éditions Pardès ISBN 2-86714-163-X

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- Jean Renaud, op. cit., p.188

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- Olaf Olsen page 154-155 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum éditions Ahrens): Les vikings…Les scandinaves et l'Europe P 26 éditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2

- Jean Renaud « les dieux des Vikings » Editions Ouest France ISBN 2.7373.1468.02 sept 96, page 187

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- Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 89

- Régis Boyer, la vie religieuse en Islande, Paris, Fondation Singer-Polignac, 1979, 1re partie et Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, éditions Payot, 2007, p.224

- Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p.  68

- Philippe Descamps, op. cit., p. 112

- Bernard Mariller, Vikings, collection B-A BA, éditions Pardès, 2003

- Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 81

- Olaf Olsen page 154-155 (1981 Der lange Weg des Nordens zum Christentum éditions Ahrens): Les vikings…Les scandinaves et l'Europe P 26 éditions AFAA 1992 ISBN 87 7303 557 2

- Régis Boyer, Les Vikings : histoire et civilisation, Paris, Perrin, 2002. Régis Boyer, Yggdrasill. la religion des anciens Scandinaves, éditions Payot, 2007. Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 18

- Axis volume 2 page 393 ISBN 2 245 026977

 

Freyja, La Grande Déesse Mère

Les Vikings ne donnaient pas de nom à leur culte avant l'arrivée du christianisme. Les textes médiévaux mentionnèrent le terme forn siðr  "ancienne coutume" pour désigner les croyances originelles.

Le professeur Régis Boyer met en exergue une croyance ancestrale en une Grande Déesse Mère Freyja ( Fjorgyn, "celle qui favorise la vie"), en harmonie avec les forces et les éléments naturels qui régissent l'univers, et à qui ils ont donné par la suite une représentation anthropomorphe .

Avant les dommageables "falsifications" chrétiennes, les Vikings croyaient en une Déesse Mère, que l'on nommait Freyja, Frigg, Friia, Fri, Frea...(bien aimée) qui représentait la Vie et les grandes Forces naturelles et Eléments que sont, l'eau, la terre, l'air, le feu , qu'ils ont représentés plus tard par la création d'un panthéon. Le Grand Odin, le puissant protecteur Thor (tonnerre), la généreuse Jord (terre), la douce Sol (la soleil), le précieux Máni (le lune), le brave guerrier Baldr, le prolifique Freyr, (seigneur), la délicate Nana, la douce et énigmatique Hela (helja : accueillir, cacher) au demi visage dans la lumière de la vie et l'autre dans l'ombre de l'au-delà. La jeunesse éternelle Iduna, l'immense Aegir (océan), Njord l'indomptable, Surtr (noir du feu), Mimir (mémoire), Bragi (parangon), Logi/ Loki (flamme), Loptr (l'air), le vigilant Heimdall, la courageuse Skadi... et le grand arbre Yggdrasill. Les Landvaettir sont les Ancêtres, des esprits tutélaires des lieux naturels tels que les collines, arbres, cascades, pierres... La tête de monstre sculptée sur la proue des bateaux vikings était faite à leur intention, afin d'épouvanter les Landvaettir des pays à investir. Il convenait de l'enlever avant d'arriver en pays ami. La Grande Déesse Mère constitue un point capital dans les croyances des Vikings et plus largement, des anciens scandinaves et germains.

Les Déesses et les Dieux sont tous en compagnie de leurs animaux, auxquels ils sont très attachés. Les animaux possèdent un statut privilégié dans les croyances Vikings et ils bénéficient d'un grand respect.

Les Vikings ont une totale liberté de pensée et de croyance. Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait «  seydr , sejdr ou sidr  » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières à proprement parler, «  pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses » , sans foi, sans dogmes. Le chef de famille ou du clan procède aux cérémonies, naissances, mariages, décès... et fait office de godi, sorte "d'officier d'état civil ou juge présidant une cérémonie". Certains de ces godis se muèrent en prêtres officiels chrétiens, surtout en Islande lors de la christianisation.

Destin

Les Vikings n'ont pas une conception du destin immuable. Quels que soient les projets de leurs Dieux, les anciens scandinaves et germains demeurent libres et croient en leur capacité d'infléchir leurs dieux et de forcer le destin, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l'appui de leurs ancêtres: ce qu'ils nomment « eiginn mattr ok megin ». Pragmatiques, ils ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux Dieux. Ils croient à la magie ou plutôt au sentiment de la présence constante du surnaturel et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des Dieux et des Forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, et d'anticiper sur un projet qu'on leurs destine, donc de le modifier, car rien n'est écrit définitivement, ils contrôlent leurs agissements.

A sa naissance un être vivant a bénéficié d'une étincelle de la Force d'une Déesse ou d'un Dieu. Il a un lien familial avec Elle/Lui et La/Le connait bien. Souvent un pacte est convenu entre les Dieux et les humains, ces derniers doivent respecter et faire honneur à leur prestigieuse parentèle. Ils doivent défendre des valeurs et non une idéologie, c'est pour cette raison qu'ils peuvent conserver un parfait libre arbitre et qu'ils refusent tous dogmes et religions, tous prêtres, temples,...

Ils ont avec les Forces, les Dieux et leurs Ancêtres un affectif particulier. Ils peuvent les solliciter, et obtenir une réponse dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple : Freyja m'a rêvé que...).

Il n'y a pas de destin que leur volonté ou l'aide de leurs Dieux ou de leurs Ancêtres ne puisse modifier, car les Vikings étaient des hommes d'actions prisant les valeurs d'actions, et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont ils eussent été fort empêchés.

La question des croyances des Vikings se retrouve dans la formulation de Gauka-Thorir, qui se retrouve dans d'autres textes, « hann trudi a sinn eiginn matt ok megin » :

« Nous autres camarades n'avons pas d'autre croyance qu'en nous-mêmes et en notre force et capacité de victoire, et cela nous suffit amplement »

— Gauka-Thorir, chapitre CCI Olafs saga hins Helga

Cette formule est une forme de scepticisme ou d'irréligion. Il ne croit qu'en lui-même, c'est-à-dire en sa propre capacité de chance et de réussite puisque celles-ci lui viennent des Puissances Divines.

 

Bibliographie:

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  • Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves , éditions Payot, page 37, ISBN 978-2-228-90165-9
  • Régis Boyer, L'Islande médiévale , Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 page 203
  • Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves , édition Payot, P8 ISBN 978-2-228-90165-9
  • Jean Renaud: les dieux des Vikings, éditions Ouest France, ISBN 2-7373-1468-2 , page 122
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.37
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.34
  • Régis Boyer « l'Islande médiévale », Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 , p185
  • Alain Marez "Une Europe des Vikings? La leçon des inscriptions runiques" (Les Vikings premiers Européens, Editions "Autrement" ISBN 9 782746 707368 p.131à177
  • Régis Boyer, Les Sagas islandaises , Payot, ISBN 978-2-228-90164-2 p122
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33-34
  • Régis Boyer, L'Islande médiévale , Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 p186
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.34
  • Régis Boyer Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire , éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p.&nbs;421à 425
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.23;35
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.25
  • Régis Boyer Le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs;41; 46
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33, 44
  • Régis Boyer , le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs; 44
  • Régis Boyer : Les Vikings 800-1050, la vie quotidienne Hachette page 218, ISBN : 2-0123-5690-7
  • F. Ström : Den egna kraftens män, Göteborg, 1948
  • Régis Boyer le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs; 32, 33
  • Régis Boyer le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs; 37,40,44
  • Régis Boyer le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs; 42
  • Régis Boyer, le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs;93
  • Régis Boyer le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs; 43
  • Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves , édition Payot, P8 ISBN 978-2-228-90165-9
  • leur propre puissance et capacité de réussir « eiginn mattr ok megin », leurs propres forces et capacité de victoire « afl okkat » Régis Boyer, le Christ des Barbares , éditions du CERF, p.&nbs;31, 32
  • Régis Boyer, L'Islande médiévale , p. 147
  • Régis Boyer Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire , éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p.&nbs;421
  • Régis Boyer La Grande Déesse du Nord ,Paris, Berg, 1995 et Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire , éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p.&nbs;424
  • Régis Boyer, L'Islande Médiévale , p. 99
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.33
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.69
  • François Xavier Dillmann « Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson » Ed. Gallimard, Page 371, ISBN 2-07-073211-8
  • Régis Boyer, Le Christ des Barbares , éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p.38
  • Le loup gris - Le loup dans la Mythologie http://cybcharlotte.free.fr/mythologie/mythologie.htm  [ archive ]
  • Les dieux des vikings, Jean Renaud, edition ouest France, page 73 ISBN 2 7373 1468 2
  • François Xavier Dillmann « Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson » Ed. Gallimard, ISBN 2-07-073211-8
  • Tout l'Univers Hachette volume 5 page 1110) et (Axis Hachette, volume 9 page 294 ISBN 2-03-505279-3 )
  • Rudolf Simek, « L'émergence de l'âge viking : circonstances et conditions », dans Régis Boyer, Les vikings, premiers Européens VIII e -XI e siècle - Les nouvelles découvertes de l'archéologie , Autrement, 2005, p.24-25
  • Pierre Barthélemy, Les Vikings , Albin Michel, p. 156 édition 1988, ISBN 2-226-03257-6
  • Alain Decaux et André Castelot - opt. cit , p. 715
  • Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves , édition Payot, P 8 ( ISBN 978-2-228-90165-9 )
  • Régis Boyer « l'Islande médiévale », Guide des belles lettres, p. 186
  • Hélène Tétrel «  L'utilisation et l'interprétation des mythes païens par les écrivains islandais du Moyen Âge